Une émission présentée par Sirine Tijani

 

 

  CÒP D’UÈLH : La Felibrejada

 

De Denis Salles et Didier Bonnet

VIURE AL PAíS-        sur FR3

 

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TOPONYMIE DE SAINT-AULAYE

 

Dans le cadre de la préparation de la félibrée et en rapport avec la culture occitane,

 

Une réunion d’étude sur la toponymie de la commune de Saint-Aulaye a eu lieu le vendredi 22 avril après-midi à l’initiative de Jean-Pierre Durieux.

Nous avons eu le plaisir d’accueillir un intervenant de NOVELUM, la section Périgord de l’Institut d’Etudes Occitane, Monsieur Olivier PIGEASSOU. Un petit nombre  d’Eulaliens ont été sollicités et se sont remémorés les noms entendus dans leur passé : Mesdames Charlier Liliane, Pommier Sabrina, Courtieux Marie-Luce (de Saint-Antoine Cumond), Messieurs Chevalier Pierre, Berger Claude, Claps Michel, Bréchoire Michel, Pommier Jean-Pierre et Dessaigne David.

 

Monsieur Olivier PIGEASSOU a expliqué combien la microtoponymie (l’étude des noms de lieux-dits) représente un véritable conservatoire de la langue occitane.

Jusqu’à l’époque moderne, c’est le lexique occitan, les mots vivants de la langue, qui ont fourni depuis dix siècles la multitude des appellations de lieux-dits. Mais, derrière des altérations possibles, en raison des transcriptions plus ou moins francisées qu’ils  ont subi de façon incohérente, il faut retrouver la vérité des formes occitanes, en recourant à l’usage oral des gens du lieu.

 

Monsieur Olivier PIGEASSOU a énuméré un par un le nom des lieux-dits, des parcelles de terres et de bois de la commune et a demandé à l’assistance comment ils le prononçaient en occitan ou comment ils l’avaient entendu dire par les anciens.

Un grand nombre de lieux ont conservé leurs noms occitan d’origine, tels que Brégout (dont le nom français est fragon-petit-houx), Les Boueges ou les Boueyges (nom français parcelles défrichées), Le Claud (nom français le Clos), le Bournat (nom français la Ruche)

Ce premier travail nous a également permis de constater la francisation erronée  de certains noms, tel que « Pont Rouge » et « Font-Joine ».

 

Ce précieux collectage de la mémoire vivante des gens du cru a été enregistré.

Il sera conservé afin de poursuivre ultérieurement ce travail sur la toponymie de la commune de Saint-Aulaye.

Toute personne désireuse de faire part de ses souvenirs de noms de lieux peut se faire connaître auprès de Jean-Pierre Durieux qui notera leurs coordonnées en vue d’une autre réunion. 05 53 90 60 73.

 

Généralités sur la Félibrée


Extraits de textes de diverses  Félibrées.

"Tous les ans, le 1er dimanche de juillet, a lieu dans une ville différente du Périgord, une fête appelée Félibrée en Français ou Felibrejada en Occitan. Ce rituel, hérité des troubadours qui chantèrent jadis la langue d'oc dans toutes les cours d'Europe, est la journée de la langue d'oc et des félibres, de la terre, des coutumes et de la tradition périgordes.

Elle est organisée par l'association Lo Bornat dau Perigord (la rûche), école félibréenne du Périgord fondé en 1901, dont le siège est à Périgueux. L'association est devenue l'ensemble des hommes et femmes dépositaires d'un savoir et des traditions de l'occitanie. La première Félibrée a eu lieu en 1903 à Mareuil sur Belle.

La Félibrée a toutes les caractéristiques d'une fête à l'ancienne, comme on peut en voir dans beaucoup de régions. Cependant, il ne s'agit pas d'une manifestation touristique. Les Périgourdins en sont prioritairement les acteurs et les consommateurs.

Histoire :

Lo Bornat dau Périgord, école félibréenne fondée en 1901, pour la défense et l'illustration de la langue d'Oc en Périgord, a eu pour parrain Eugène Le Roy qui proposa au Majoral Auguste Chastanet le nom de la nouvelle association. Le grand poète provençal et Prix Nobel de Littérature, Frédéric Mistral, cautionna cet événement occitan.l'honneur la langue de leurs aïeux. C'était le 21 mai 1854. Il y avait là Frédéric Mistral, Roumanille, Aubanel, Anselme Mathieu, Alphonse Tavan, Paul Giéra et Jean Brunet. Il fallait un nom à ces poètes fervents; et comme Mistral entendit un jour une vieille femme fredonner le cantique de saint Anselme où reviennent “ les sept Félibres de la loi," c'est-à-dire les sept Sages, les sept Docteurs, il aima choisir ce mot mystérieux venu du fond de l'âme populaire. Et voilà le Félibrige fondé.

 L'association organise tous les ans (depuis 1903 à Mareuil sur Belle) une grande Félibrée qui attire des dizaines de milliers de périgoudins et de félibres.
Elle est dirigée par un Majoral élu à vie.

Préparation :

La ville est parée de ses plus beaux atours. Pendant toute l'année, les associations locales, les commerçants ont travaillé à la réalisation des fleurs et à la mise en œuvre des décors. Entièrement livrée aux félibres, on y accède par des portes réalisées par les communes du canton, chacune mettant en valeur sa spécificité.
On pourra retrouver tout au long de la journée des activités traditionnelles où tout le savoir faire des artisans locaux sera mis en valeur : construction traditionnelle de la Double, panier d'osier, poterie, dentelle, tradition culinaire ...Les commerçants participent activement en décorant leur vitrine d'objets traditionnels conservés par des collectionneurs. C'est l'occasion d'un retour en arrière enrichissant".

 

Cependant, en cette année 2016, à Saint-Aulaye, il a été communément admis que si la Félibrée célébrait les choses du passé, elle devait projeter le Pays de Saint-Aulaye vers le futur. Elle devrait mettre en valeur toutes les richesses actuelles du territoire et montrer qu'il pourrait  y avoir un futur pour nos enfants.

Des expositions en ce sens, illustreront ces propos.

 

Déroulement de la Félibrée :

Elle obéit à un rituel :
"Les périgourdins convergent de tous les coins du département, arborant les costumes traditionnels : coiffe de dentelle, fichus brodés, longues jupes pour les femmes. Grands feutres noirs, amples blouses blanches et gilets de velours noir pour les hommes.

Le rituel commence par l'accueil des félibres aux portes de la ville. Le maire remet les clés de la ville à la Reine élue, marquant ainsi une prise de pouvoir symbolique du majoral et des félibres. Elle parcourt à pied au bras du Majoral du Félibrige les rues constellées de décorations.
Pendant une journée, c'est le majoral, accompagné de la reine du Bornat et les félibres qui gouvernent. Le défilé des autorités et des groupes folkloriques entre dans la ville où vont se dérouler un certain nombre de scènes qui marquent l'emprise des félibres :

 - Inauguration d'une plaque à la mémoire d'un enfant du pays qui laisse ainsi une trace de son action au service du Bornat ou de la langue et de la culture occitane.
- On assiste ensuite à la messe en langue d'oc, servie par l'évêque, ou l'abbé.
- Un moment de recueillement devant le monument aux morts.

- Vient ensuite le banquet (taulada). Le moment important est non seulement le repas traditionnel périgourdin, mais aussi le discours du Majoral, en langue d'oc, où il réaffirme fermement devant les représentant de l'Etat, l'appartenance culturelle au patrimoine occitan : "lo majoral fissona" (le majoral pique) comme le rappellent les abeilles du Bornat.

 - L'après- midi est consacrée à la Cour d'Amour, une représentation de danses, de pièces de théâtre et de chants en langue d'oc.
La langue de la journée est l'occitan. Le chant occitan "La coupa santa" composé par Frédéric Mistral tient lieu d'hymne de la Félibrée.

Emblème : le premier Guidon (Bannière) était dû à l'aiguille de  la Comtesse de Mirandol. Il est exposé au siège du Bournat. Le fanion actuel,  à l'identique, est dû à l'aiguille de Ginette Valprémy".

Ci-dessous le Guidon de la Félibrée constitué par l'étoile à sept branches avec au centre,  la ruche, emblème du Bournat.

Quelques propos pour nous familiariser avec l' occitan ainsi que la traduction.

 

Olivier Boudy :

 

« Coma l'an passat, començam divendres  per la Jornada daus escolans e collegians. Esperam questa annada mai de 1 000 eslevas, collegians venguts de tota la Dordonha e escolans dau ranvers. Seran pres en charja per daus benevòles per lor far segre una cinquantenada de talhiers emb los artisans e los mestiers tradicionaus : dinandiers, fuelhardiers, esculptaires, belhaires (l'Abeille périgordine) e autras causas... Veiran dels vielhs tractors, veituras, motòs... Auran la possibilitat de far de l'iniciacion au cant e a la dança e per acabar, un grand concert-baleti(...).

Lo dissabde, aurem un merchat de productors dau ranvers lo matin, mai, partir de 15 oras, lo Cant'oc, la baniera dau Bornat a 18 oras, puei, a 19 oras, concert (...).

 Lo diumenc, quò sera la remesa de la clau del Conse a 8 o 45, defialat, messa e omenatge a Gui Bonnet. A 12 o 30, la Taulada a a 15 oras, Cor d'Amor e lo resultat dau concors literari dau Bornat(...)

Acabarem per lo concertt (...). »

 

 

 

Traduction (par Bernard Stéphan): " Comme l'an passé, nous commençons vendredi  avec la journée des scolaires et des collégiens. Nous attendons cette année plus de 1000 élèves et collégiens venus des écoles de tous les coins de la Dordogne. Ils seront pris en charge par des bénévoles pour leur faire voir une cinquantaine d'ateliers avec les artisans et les métiers traditionnels: dinandiers, feuillardiers, sculpteurs, apiculteur (l'abeille périgourdine), et autres activités...Ils verront de vieux tracteurs, voitures, motos... Ils auront la possibilité de s'initier au chant et à la danse et pour finir un grand concert-bal(...).

Le samedi, il y aura un marché de producteurs du coin le matin, et à partir de 15 heures le Cant'oc, la bannière du Bournat (remise) à 18 heures puis, à 19 heures, concert(...).

Le dimanche, ce sera la remise de la clé du Conseil à 8h45, défilé, messe et hommage à Gui Bonnet. A 12h30, la taulada et à 15 heures Cour d'Amour et palmarès du concours littéraire du Bournat.

Nous terminerons par un concert(...) ...

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